La limite des autres

Hello !

Voilà un petit temps que je voulais faire cet article mais je n’avais pas vraiment le tps. Ce week-end qui a été particulier pour moi m’a confirmé le besoin d’écrire sur ce sujet.

Le titre «  La limite des autres » est en conséquence à un mail que j’ai envoyé à une personne dont finalement encore une fois j’ai franchi la limite que je n’aurai pas du franchir.

Je culpabilise bien sûr après coup !

Bien que le sujet raisonne en moi depuis des semaines, je ne savais pas comment je devais aborder le sujet donc encore une fois, je vais laisser venir les mots comme ils me viennent et tenter de construire un article clair.

Pour cela, je vais m’aider du livre de Temple Grandin et Sean Barron, « L’autisme: décoder les mystères de la vie en société » et plus particulièrement de 3 chapitres:

  • Ce n’est pas parce que quelqu’un est gentil avec moi qu’il est mon ami(e)
  • Les gens ne se comportent pas de la même manière en privé et en public
  • Il faut apprendre à détecter quand on importune les gens

 

  1. Ce n’est pas parce que quelqu’un est gentil avec moi qu’il est mon ami:

L’amitié est un sujet vaste et nous avons une définition bien plus personnelles selon nos situation néanmoins, même si « la définition du mot ami varie d’une personne à l’autre, nous avons un dénominateur en commun et c’est le désir d’avoir des amis et d’être l’ami de quelqu’un. Il en va de même pour les personnes autistes. « 

 » La différence est qu’ils (que nous sommes) incapables de discerner de manière intuitive si tel individu est un ami ou pas, de s’y retrouver parmi les indices divers et variés – aussi bien internes qu’externes – et de savoir si un sourire est un témoignage sincère d’amitié ou un masque social dissimulant de vrais sentiments, de réelles intentions. Ami ou ennemi? Les limites ne sont pas forcément très claires pour les personnes autistes.  » 

Un peu plus loin, Temple partage son expérience et elle dira:

 » Avec les années, j’ai appris une autre règle non écrite concernant l’amitié: les vrais amis sont ceux qui partagent les intérêts, des idées et des principes qu’ils jugent sensés; il y a forcément un lien qui nous rattache à eux. Le fait d’avoir le même age, d’être du même sexe, d’être dans la même classe et de pratiquer la même activité que quelqu’un ne fait pas pour autant de cet individu notre ami.

Voici d’autres règles que j’ai apprises à la fac et quand j’ai commencé à travailler:

  • L’amitié ne naît pas du jour au lendemain 
  • Ce n’est pas parce que quelqu’un n’est pas d’accord avec nous qu’il n’est plus notre ami
  • Il est des aspects sur lesquels nos amis peuvent avoir un point de vue différent du nôtre
  • Un ami se soucie véritablement de nos émotions et des pensées qui nous animent.
  • Les amis se soutiennent en cas de coup dur
  • On n’a que peu d’amis proches. « 

 

Sean dira plus loin:

 » J’ai passé la majeure partie de mon adolescence, et ce jusqu’à l’âge de 25 ans environ, à aimer tout le monde sauf moi même. Si quelqu’un me souriait et donnait l’impression de s’intéresser à moi, ce me suffisait. J’étais loin d’imaginer qu’un personne puisse montrer un tout autre visage que ce qu’elle était réellement. Je n’avais aucun esprit critique ni aucun bon sens. Bien évidement, ma naïveté faisait de moi un être extrêmement vulnérable. « 

Temple rajoutera:

 » Sur le plan personnel, il m’a fallu intégrer une autre règle sociale: aucune relation avec autrui n’est parfaite. (…) Nous sommes tous amenés, un jour ou l’autre, à être en désaccord avec quelqu’un et, tout comme certains projets sont meilleurs que d’autres, certaines relations sont meilleurs que d’autres.  »

Sean dira par la suite:

 » Comme je l’ai, hélas, découvert, il y a une différence de taille entre lire un livre ou assister à une conférence et être capable de mettre en pratique ce qu’on y apprend. Je continuais à me faire manipuler, mais j’avais si peu de confiance en moi que je me rendais compte de ce qui se passait bien trop tard. Plus important encore, je ne me prenais pas en considération cette règle non écrite pourtant essentielle: il n’y a pas une personne, un livre ou un séminaire qui puisse apporter « toutes les réponses » dont nous avons besoin pour comprendre qui nous sommes ou saisir le sens des relations sociales »

(…)

De toute évidence, j’avais toujours une vision dichotomique de la manière dont les gens devaient me répondre. Mes comportements en matière d’interaction sociale avaient évolué, mais ma pensée était toujours aussi rigide. Si les autres ne réagissaient pas comme je l’avais prévu, je partais du principe que j’avais fait quelque chose de mal ou de complètement idiot. Jamais il ne me serait venu à l’esprit qu’il existait d’autres points de vue que le mien, d’autres façons plausibles d’expliquer une telle interaction. « 


 

2. Les  gens ne se comportent pas de la même manière en privé et en public:

[ A première vue, cette règle ( Les  gens ne se comportent pas de la même manière en privé et en public) peut paraître tellement élémentaire, tellement simple que les lecteurs vont probablement se demander pourquoi elle figure dans notre liste des règles cruciales à enseigner aux enfants autistes. Effectivement, elle coule certainement de source pour les neurotypiques, mais pour ce qui est des enfants ou adultes autistes, la réalité est tout autre. Pour quelle raison? Pour rappel, voici les caractéristiques liées à l’autisme qui vont influencer sur la capacité d’un enfant ou adulte à comprendre cette règle:

  • Interprétation littérale de ce qu’il voit: puisque cette personne semble heureuse, elle l’est forcément. Aucune référence contextuelle.
  • Interprétation littérale de ce qu’elle entend: cette personne a dit qu’elle était heureuse, ce qui signifie qu’elle l’est.
  • Pensée dichotomique et rigide: son cerveau ne fait référence qu’à une situation donnée, un peu comme le moteur de recherche Google: si on tape le mot « heureux », on n’aura aucune information sur le terme « triste » ou quelque autre état qui s’en rapproche.
  • Prise en compte du point de vue d’autrui altérée: tout le monde pense comme lui; il n’a aucune donnée à mobiliser qui puisse suggérer qu’il existe différentes façons d’interpréter telle ou telle situation.

Temple se compare souvent à une actrice interprétant un rôle dans une pièce de théâtre et cette analogie illustre plutôt bien la règle (cité plus haut): les gens modifient leur comportement de manière à s’adapter au lieu dans lequel ils se trouvent. Quand Temple se retrouve seule chez elle, elle comprend qu’elle n’est plus obligée de tenir un rôle – elle est libre de faire pratiquement ce qu’elle veut dans les limites de son espace personnel. Elle est seule; l’espace est « privé ». Mais dès qu’elle sort de chez elle ou qu’elle reçoit des gens, elle doit à nouveau endosser un rôle car son espace est devenu public.

Le saviez-vous?

Les personnes autistes ont néanmoins tendance à s’en vouloir chaque fois qu’une rencontre se passe mal, ce qui a des effets négatifs sur l’estime de soi. Ils ne comprennent pas que parfois, l’interaction échoue à cause de l’autre personne. C’est ce qu’on appelle le « bagage émotionnel » – les perceptions à la fois positives et négatives de chacun qui influencent toute action, quelque que soit la situation sociale. Dans toute relation sociale, les gens apportent avec eux leur bagage émotionnel. ]


 

3. Il faut apprendre à détecter quand on importune les gens:

[ Quand nous nous trouvons en compagnie d’autres personnes, il arrive très souvent que nous disions ou fassions quelques chose qui met l’une d’elles mal à l’aise. (…)

Les neurotypiques préfèrent rire quand arrive certaines maladresses sociales, cependant ils savent quand sa leur arrive comme un sixième sens. En plus d’analyser le faux pas, ils se font une opinion quant à son importance au regard de l’interaction sociale dans son ensemble. Ceux qui sont un peu moins dans le « brouillard » savent aussi reconnaître les signes non verbaux permettant de comprendre que quelque chose est allé de travers dans l’interaction sociale. Le langage du corps, un changement dans le timbre de la voix ou encore un silence de mort suffisent à indiquer que nous sommes allés trop loin et qu’il est dans notre intérêt d’arranger les choses au plus vite.

L’enfant ou l’adulte autiste qui a beaucoup de mal à prendre en compte le point de vue d’autrui et dont le mode de pensée est rigide n’a pas accès à l’univers de la communication non verbale. Très souvent, les personnes de son entourage se montrent conciliantes vis-à-vis de ses gaffes – il est tellement évident qu’il fournit des efforts pour entrer en relation avec les autres. Mais pour ce qui est de tous ces « enfants » ou « adulte » qui semblent normaux, mais qui sont pourtant en proie à des difficultés liées aux troubles du spectre de l’autisme, comme la difficulté à tenir compte du point de vue d’autrui ou la pensée rigide (notamment chez les personnes asperger ou HN), les gens réagissent différemment. Ils ne tardent pas à se faire une opinion négative quand ces individus « dérapent » et, qui plus est, ils peinent à comprendre à quel point la condition autistique peut altérer la capacité à traiter l’information sociale et à y réagir de manière adéquate. Et quand les autistes dont des choses qui dérangent, cette impression négative reste ancrée dans leur tête et n’est pas sans influencer s’ils ont à nouveau l’occasion de se rencontrer.

Il s’agit là d’une règle non écrite des relations sociales: la plupart des gens s’empressent de nous faire savoir quand notre comportement n’est pas des plus appropriés, mais pour ce qui est de nous féliciter quand nous nous conduisons de façon irréprochable, la ferveur n’est plus la même.

Temple précise encore une règles non écrite des relations sociales: ne vous incrustez pas. Il n’y a en effet rien de tel pour importuner les gens. 

De plus, il y avait une autre règle non écrite que ma mère me répétait sans cesse: il est impoli de poser des questions d’ordres personnel aux gens.

(…)

C’est la franchise des gens qui m’a le plus aidée car ils me disaient ce qui n’allait pas chaque fois que je faisais fausse route.

Réparer ses erreurs

J’en ai commis des erreurs dans ma vie et lorsque je m’aperçois que j’ai fait ou dit quelque chose d’inapproprié, je présente immédiatement mes excuses. Quand j’en arrive à exaspérer quelqu’un, il m’appartient d’essayer de régler la situation. Voici une autre règle non écrite des relations sociales: si l’on souhaite que les choses s’arrangent au plus vite, mieux vaut présenter des excuses immédiatement après commis un impair que tenter d’étouffer l’affaire ou nier qu’on a dérapé. Il est plus judicieux d’admettre son erreur, de demander pardon et de tourner la page, surtout lorsque l’erreur qu’on a commise concerne le savoir-vivre et les bonnes manières. Habituellement, les gens sont assez indulgents car tout le monde peut être amené à faire ce genre d’erreur.

Sean rajoutera deux autres règles non écrite :

 » les gens n’apprécient pas qu’on les mette dans une situation inconfortable sans qu’ils y consentent. (…)

Tout le monde ne s’intéresse pas aux mêmes sujets; ce qui fascine un individu peut s’avérer d’un ennui mortel pour quelqu’un d’autre. « 

Temple rajoutera que l’apparence et l’hygiène sont deux éléments  qui peuvent très vite rebuter quelqu’un si l’ont n’y consacre pas un minimum d’attention. Il est une règle non écrite selon laquelle personne n’a envie d’être en compagnie d’un individu qui dégage une odeur désagréable, quelque intelligente et utile qu’il soit.

Temple rajoutera aussi deux règles non écrite:

Il incombe à chacun d’entre nous d’entretenir l’interaction sociale, de maîtriser ses paroles et ses actes en tenant compte de l’autre de sorte que tout le monde soit à l’aise.

(…)

La plupart des gens ne vous diront pas directement que  vous les importunez – que ce que vous êtes en train de dire ou de faire les met mal à l’aise.

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Page 321 du livre de Temple Grandin & Sean Barron

 

4.Conclusion:

 

Mon expérience

 

Je ne vous apprendrai rien si je vous dirai que je n’ai aucun problème avec les trois points que j’ai pu vous partager plus haut. Se sont bien des domaines où je cafouille le plus actuellement et j’ai encore merdé récemment. Je m’en veux énormément mais je ne sais pas faire. Maintenant que j’ai relu le livre, je me rend compte que j’ai dépassée des limites et notamment la limite d’une personne.

J’ai un fonctionnement tellement particulier comme beaucoup d’asperger. Je n’arrive pas toujours à comprendre la limite de l’autre. Quand une personne est gentille avec moi, qu’elle me comprend directe j’espère plus et c’est un tord car je sais maintenant qu’une personne peut être gentil(le) avec moi sans qu’il puisse y avoir plus. C’est aussi le cas quand une personne me comprend, quand je trouve enfin quelqu’un qui pourrait penser comme moi c’est comme si un test de compatibilité était fait dans ma tête et hop je respire… genre c’est tellement rare qu’involontairement je vais m’accrocher à cette personne sans me rendre compte que je vais la soûler ou pire la mettre mal à l’aise.

J’ai pu depuis quelques mois rencontrer une personne dans le cadre de son travail dont j’ai de suite accroché car pouvait me comprendre. Pendant tellement d’année, je n’avais eu personne et notamment dans ce domaine. J’ai pu faire confiance assez rapidement ce qui est normalement rare mais très vite j’ai dérapé et je m’en rend compte toujours après coup. Je n’arrive pas à tout comprendre dans les relations sociales ainsi qu’à me raisonner. C’est pourtant ce genre de relation qui me fait du bien dans le sens que j’arrive à être moi, une adulte, femme et où je n’ai pas besoin d’être quelque d’autre. Pouvoir partager avec une personne qui me comprend c’est tellement plus facile, moins épuisant mais pour cette personne, cela reste dans un cadre précis que je n’arrive pas encore à respecter et j’en suis tellement désolé

J’ai franchi trop de règle en peu de temps et je culpabilise …

J’essaye pourtant de travailler sur le sujet mais il arrive encore bien trop souvent que je déborde, que je puisse faire des actions sans réfléchir comme envoyer des mails en pensant que c’est que de l’écrit et ce n’est pas grave sauf que si.

Ecrire est un moyen de communication qui est au même niveau que la communication orale, et c’est sur que après coup, jamais je n’oserai parler comme j’écris.

Comment réparer ? Comment faire comprendre que je ne le fait pas exprès? Comment m’aider à que je puisse moins être intrusive?

Comment surtout trouver d’autres personnes qui sont si ouverte si je suis incapable de construire de vraie amitié? A plus de 30 ans, se faire des ami(es) est devenu une peine perdue sans compter que je n’ai plus la force d’être encore déçue.

Comme j’ai pu le vivre ce week-end, je sais que rien n’est impossible et que toutes choses impossibles peut être possibles mais j’ai peur maintenant.

Etre autiste n’est pas toujours une partie de plaisir, mais s’il vous plait si vous lisez mon article et que vous êtes neurotypiques, aidez nous, soyez franc et bienveillant envers nous, n’hésitez pas à nous reprendre que nous dépassons les limites.

Pour les aspie, comment vivez vous les relations sociales? Avez vous encore des problèmes? Comment arrivez vous à vous débrouillez?

Merci de m’avoir lu jusqu’au bout et désolé pour les fautes 😉

@AspieMam


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